« Je me sentais quelque part redevable envers l’IGR »

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Découvrez Laurent Bironneau, Directeur de l’IGR

Qui êtes vous ? Qu’enseignez-vous au sein de l’IGR ?

Je m’appelle Laurent Bironneau. A l’IGR, j’enseigne essentiellement la gestion de production et la logistique.

Quel a été votre parcours depuis la fin de vos études ?

A la fin de ma thèse de doctorat en 1999, j’ai postulé à un poste de maître de conférences à l’IGR-IAE de Rennes où j’ai été recruté sur un poste profilé en logistique et gestion de production. Je suis devenu directeur adjoint de l’Institut en 2004, puis directeur général en novembre 2008. A part un passage dans le privé avant mes études doctorales, j’ai donc fait toute ma carrière à l’IGR-IAE de Rennes.

Pourquoi l’IGR ?

A la fin de ma thèse, j’ai candidaté sur plusieurs postes de maître de conférences dans le Grand Ouest. J’ai été retenu sur des postes à Caen, au Mans, à Poitiers et à Rennes (IGR). J’ai choisi l’IGR pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, je connaissais déjà bien l’Institut pour y avoir effectué une grosse partie de mes études : mon DEA de gestion (l’actuel Master recherche), et ma thèse de doctorat. Je suis donc un ancien de l’IGR et fier de l’être.

Ensuite, j’y étais déjà très bien intégré : quand je faisais mes études à l’IGR, je représentais les étudiants au Conseil d’administration de l’Institut, ce qui m’avait permis de connaître son fonctionnement et de côtoyer les enseignants –mes actuels collègues- dans un autre cadre que celui des cours. J’avais pu notamment constater le dynamisme de l’Institut, sa bonne image auprès des entreprises (elles sont représentées au sein du CA), mais aussi les bonnes conditions de travail par rapport à d’autres écoles où j’avais pu séjourner ou étudier.

Enfin, Je me sentais quelque part redevable envers l’IGR. En effet, si j’ai pu faire une thèse et accéder à la carrière que je souhaitais faire, c’est grâce à l’IGR. Un début de carrière est souvent le fruit d’une rencontre. Pour moi, c’est une rencontre avec un enseignant de l’IGR, le professeur Pierre Baranger (aujourd’hui décédé) ; ce Professeur m’a non seulement fait confiance en encadrant mes études doctorales -et ce malgré le parcours atypique qui était le mien à l’époque-, m’a orienté vers la gestion de production et m’a fait découvrir le métier qui allait devenir le mien. A l’origine, pourtant, je ne me destinais pas du tout à l’enseignement et à la recherche ; je m’orientais vers l’expertise comptable après un passage en contrôle de gestion industriel… L’IGR, je ne l’oublie pas non plus, m’a donné les conditions matérielles pour faire mes études dans de bonnes conditions : j’ai effectivement pu financer ma formation doctorale grâce à une allocation de recherche de l’IGR et à un poste d’ATER (Attaché Temporaire de Recherche) à l’Ecole Nationale Supérieure de Chimie de Rennes (ENSCR), poste dont le recrutement était piloté par l’IGR.

Pouvez vous qualifier les étudiants de l’IGR en 5 mots ?

Travailleurs – Dynamiques – Ayant l’esprit d’entreprise – Solidaires – Collectifs

Pouvez vous qualifier vos collègues de l’IGR en 5 mots ?

Je crois que je vais tout dire en deux mots : compétents et impliqués

Quelle aura été l’expérience la plus gratifiante pour vous au sein de l’IGR ?

Il y en a plusieurs et il est difficile d’en choisir une en particulier. Je pourrai parler du jour où j’ai obtenu ma thèse en salle du conseil ou encore de celui de mon élection de Directeur de l’Institut…
Mais au final, je pense que ce qui est le plus gratifiant pour moi depuis des années à l’IGR, ce sont les rencontres que j’ai pu y faire. Rencontres, tout d’abord, avec des étudiants brillants qui donnent à sens à mon engagement – mon jour préféré de l’année est celui de la remise des diplômes et je suis toujours très heureux d’avoir des nouvelles de mes anciens étudiants et de constater leurs belles carrières. Rencontres, ensuite, avec mes collègues enseignants chercheurs qui sont des références dans leur domaine, que beaucoup d’établissements nous envient et avec qui il est toujours stimulant intellectuellement de pouvoir échanger. Rencontres, enfin, avec des acteurs économiques majeurs de notre territoire (notamment les patrons des entreprises de notre Fondation) : vous ne pouvez que progresser à leur contact.

Avez vous une anecdote sur votre vie à l’IGR à nous raconter ?

Je pourrais vous en citer plusieurs. Un événement, toutefois, m’a particulièrement marqué, notamment car j’étais une toute jeune recrue à l’époque. Il s’agit de la remise de diplôme que j’ai faite un soir de gala, en 2001 si je me rappelle bien, à ma première promotion de Maîtrise de Sciences de Gestion (l’actuel Master 1) en tant que responsable de cette formation. Je connaissais très bien ces étudiants que j’avais recrutés et encadrés pendant deux ans (la MSG se faisait en deux ans). Ce soir là, ils m’avaient fait une haie d’honneur quand j’étais monté sur scène, et, après leur avoir remis leur diplôme, ils m’avaient, comme c’était alors la mode avec Barthez qui était gardien de but de l’équipe de France de Football (avec qui vous pouvez constater que j’ai une légère similitude au niveau de la calvitie), tous embrassés un par un sur le crâne… La photo de cette soirée mémorable est toujours affichée dans mon bureau depuis.

Qu’auriez vous fait si vous n’aviez pas été prof ?

Au début de mes études, je souhaitais devenir Expert comptable. J’ai fait à cette fin une spécialisation Expertise comptable dans une école de commerce que j’ai intégrée après une prépa HEC. Dans le cadre de ma deuxième année dans cette école, j’ai fait un stage de 6 mois en comptabilité analytique dans une entreprise de production de cognac en Charente. Cette entreprise m’a ensuite conservé dans son effectif a raison de trois jours par semaine dans le service contrôle de gestion, ce qui était possible –même si compliqué- car mes cours de troisième année étaient alors très condensés en fin de semaine (jeudi-vendredi-samedi). Même si le statut n’existait pas à l’époque, on peut donc dire que j’ai fait une partie de mes études en alternance (c’est d’ailleurs une des raisons pour laquelle j’ai souhaité poursuivre le développement de ce type de pédagogie à l’IGR car je l’avais trouvé très formateur ; avoir une expérience terrain forte en entreprise à la fin de son cursus me semble un plus indéniable). Mon diplôme d’école en poche, je souhaitais toujours m’orienter vers l’expertise comptable : le DAF de mon entreprise était expert comptable, tout comme le responsable du service comptabilité analytique et ils me conseillaient tous les deux de passer rapidement le DEC. Toutefois, comme c’est encore le cas pour les étudiants du Master CCA aujourd’hui, il me manquait encore, à la fin de ma formation, quelques UV du DESCF (l’actuel DSCG), diplôme nécessaire pour commencer le stage d’Expertise comptable. Pour passer ces UV, je devais attendre le concours de décembre alors que ma formation s’était arrêtée en septembre. Et à l’époque, tous les garçons avaient une obligation à respecter : le service militaire !!! Pour ne pas partir immédiatement à l’armée en septembre, il me fallait justifier d’un statut d’étudiant, ce qui impliquait une inscription universitaire. Je me suis alors inscrit – je peux bien l’avouer aujourd’hui- dans la première formation m’ayant donné une réponse positive : le DEA de l’IGR.

L’objectif était alors pour moi uniquement de retarder mon départ à l’armée (des discussions étaient en cours pour supprimer le service militaire) et me permettre de passer dans de bonnes conditions les examens comptables. Ce choix fait presque par hasard (j’avais sélectionné l’IGR car il y avait un enseignant – le Professeur Baranger dont je parlais tout à l’heure- qui s’intéressait à la méthode de calcul des coûts ABC, dont on commençait à parler à l’époque et que j’avais un peu expérimentée) a été décisif. J’ai, en effet, découvert à l’IGR ma réelle vocation (l’enseignement et la recherche), et rencontré mon épouse qui suivait la même formation que moi à l’IGR. Comme quoi le hasard fait bien les choses parfois… Au bout d’un mois à l’institut je ne pensais déjà plus à l’expertise comptable. Pour l’anecdote, je ne me suis même pas présenté aux examens comptables de décembre et les militaires ne m’ont pas oublié… j’ai du faire mon service entre ma deuxième et ma troisième année de thèse.

Quel type d’étudiant étiez-vous ?

Plutôt du type sérieux, travailleur. J’ai peu participé à la vie festive de mes différentes formations. Je me suis toutefois engagé dans la vie associative. Ainsi dans mon école avant l’IGR, J’ai participé au journal interne des étudiants et surtout à une Junior Entreprise spécialisée dans les missions à l’étranger. Cela m’a notamment permis d’aller faire une étude de marché à Taïwan pendant deux semaines pour le compte de deux entreprises : une recherche de débouchés pour des biens d’équipement et une étude du circuit de distribution du cognac (déjà) dans l’ile.

Si l’IGR était un animal, quel serait-il ?

Plus difficile comme question.

Il me vient à l’esprit des petits animaux bien teigneux comme la belette, le vison ou le fox terrier pour leurs qualités de courage, de ténacité, d’abnégation. Ces animaux n’hésitent pas à s’attaquer à des plus gros qu’eux, même s’ils sont moins puissants… vous voyez certainement à quoi je pense 

Peut être aussi, pour nos étudiants, la fourmi, animal qui a une forte capacité de travail, un esprit de bâtisseur, qui est sociable, économe, et qui sait travailler en collectif au sein d’une communauté… C’est toujours grâce au collectif que l’on peut progresser.

Le derby Stade Rennais/FC Nantes a été perdu par Rennes, quel est votre avis ?

L’équipe n’a vraiment pas été bonne ce soir là. Elle est toujours en construction. Mais une saison ne se juge pas sur un match. Pour être un peu trivial, c’est toujours à la fin du marché que l’on compte les bouses !!! Donc attendons la fin de la saison. Je ne doute pas des qualités du nouvel entraineur qui a su faire de belles choses par le passé, après des débuts difficiles. Dans tous les cas de figure, je resterai fidèle aux rouges et noirs.

Nantes en Bretagne ou non… ?

Je ne m’attache pas à ces querelles de clocher. En plus, je ne suis pas breton d’origine. Donc joker.

…Et le Mont Saint Michel ?

Euh… deuxième joker 🙂

Avez vous des choses à ajouter ?

Bonne idée que celle de ce blog. Je vous souhaite bon courage dans sa mise en œuvre.

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