Un nouveau projet solidaire au coeur de l’IGR.

La commission Aide et Intégration, au sein de l’association Entr’aides, s’inscrit dans une optique solidaire avec la mise en place d’un projet inédit à l’IGR, pour la nouvelle équipe : donner des cours de français à des demandeurs d’asile.

D’où vient l’idée du projet ?

Lors de la reprise de la commission, il n’y avait plus réellement de projets, les anciens partenariats, tel que le soutien au squat (désormais fermé), étaient terminés. Il a donc fallu repartir de zéro.  

L’équipe a commencé par recenser les différentes associations et retenir le projet le plus pertinent au regard de sa pérennité mais aussi de sa thématique. C’est l’association D’ici ou d’Ailleurs qui a été retenue. Celle-ci offre des cours de français aux demandeurs d’asile à l’Hôtel Pasteur, à Rennes. Au moment de la recherche, l’association s’occupait d’une cinquantaine d’apprenants mais 45 personnes étaient sur liste d’attente. C’est pourquoi un créneau a été mis en place au sein de l’IGR. C’est un projet qui a déjà été mis en place dans un lycée rennais depuis quelques années, c’est donc un partenariat qui peut durer. L’équipe a également assisté en amont aux cours de l’association D’ici ou d’Ailleurs pour avoir un aperçu du déroulement des séances, ensuite reconduites ici, à l’IGR, tout en restant flexibles.

Pouvez-vous nous présenter ce projet ? Combien de personnes encadrez-vous et qu’enseignez-vous ?

Au départ, 7 apprenants devaient venir, mais 4 suivent réellement les sessions. Seuls des cours de français sont dispensés, contrairement à l’association qui peut donner des conseils, aider pour les papiers administratifs. Ici, chaque apprenant est encadré par 2 ou 3 étudiants. Les cours sont adaptés selon les besoins des apprenants : cela peut alors être du vocabulaire basique, de la conjugaison, de l’écrit ou de l’oral. Certains d’entre eux ont  déjà suivi des cours au collège et possèdent donc de bonnes bases.

Le partenariat a débuté en février car les démarches administratives pour un tel projet sont assez longues. Les cours cesseront lors du départ des étudiants en stage et reprendront avec la nouvelle équipe (dans laquelle vous êtes les bienvenus !).

Comment se déroule une séance ?

Pour débuter une session, afin de casser les barrières et installer une ambiance plus détendue, le groupe formé d’étudiants et d’apprenants fait un petit jeu (type Pictionary), puis des groupes étudiants-apprenants sont formés. L’organisation est assez flexible, il faut s’adapter selon les besoins : certains vont préférer dialoguer, tandis que d’autres se focaliseront sur l’écrit.

Concernant les dialogues, nous parlons toujours en français et si besoin, nous nous aidons de photos ou de la gestuelle pour une meilleure compréhension” (Morgan MEVEL). Quant aux exercices de français, un travail de recherche a été effectué afin de proposer des sujets de qualité. Le niveau des apprenants étant relativement homogène, les exercices proposés sont assez similaires pour chacun d’entre eux, et il est même parfois possible d’évoquer des notions plus techniques.

Comment vos élèves ont-ils connu votre projet ? Qui sont-ils ?

Ces apprenants étaient sur la liste d’attente de l’association D’ici ou d’Ailleurs qui leur a proposé de suivre des cours de français avec des étudiants de l’IGR.

Au nombre de 4, 2 viennent du Soudan, 1 d’Afghanistan et 1 de République Centrale d’Afrique. A titre d’exemple, une des apprenantes est ici car elle a fuit son pays, alors en guerre.

Quel est le rythme des leçons ?

Les cours se déroulent chaque mercredi soir, à raison d’1h30 de 18h à 19h30, au sein de l’IGR. Ensuite, le rythme n’est pas figé : c’est généralement un jeu puis des exercices, mais le but est surtout de s’adapter aux apprenants afin qu’ils évoluent dans la langue de Molière. Le mot d’ordre, c’est la flexibilité.

Qu’est-ce que cela vous apporte ? Y a-t-il des moments difficiles ?

Bien que le français soit la langue maternelle des étudiants de l’IGR, il a fallu se préparer, par exemple en achetant le livre « 30 règles de base du français » et en se documentant sur des exercices sur internet. Pratiquer une langue et l’enseigner sont deux choses différentes. En effet, c’est parfois difficile d’expliquer, “on sait parler français mais ce n’est pas facile de l’expliquer”. Il y a également parfois des difficultés de compréhension.

C’est dans la bonne humeur et la convivialité que les Insiders ont pu réaliser cet entretien pour ce beau projet. Nous remercions Corentin LE BOT et toute son équipe pour leurs réponses et leur disponibilité vis-à-vis des apprenants. Nous encourageons les futurs Licences et Masters à s’engager dans un projet riche en émotions.

Vous trouverez également le site de l’association D’ici ou d’Ailleurs : http://dicioudailleurs-rennes.shost.ca

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